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Travailler le rappel

Publié le par Podencostory

Travailler le rappel

Le rappel ou réflexions, trucs, astuces et savoir faire pour avoir un bon rappel avec son chien.

Le rappel c’est quoi ? 

Comprendre ce qu’est le rappel,

Rappeler son chien est, sans doute, l’action que l’on effectue le plus souvent - puisqu’on la met en place aussi bien en extérieur qu’à la maison - celle pour laquelle nous sommes le plus exigeant - car, enfin, quand même, si je l’appelle, je veux qu’il vienne ! - celle qui nous plonge dans des affres de solitude insondables - rappelez vous cette fois, où il pleuvait des trombes, seul-e au fond du jardin, à rappeler frénétiquement votre petit compagnon... bien décidé à faire la peau au chat du voisin - et enfin, celle qui met en exergue de la manière la plus socialement difficile à assumer notre relation avec notre chien.

Le rappel. Combien de fois n’ai-je pas entendu un propriétaire de chien m’expliquer par A+B que son chien était parfait, mais ne revenait que quand il voulait. Combien de fois n’ai-je vu des propriétaires de chien s’énerver sur leur petit compagnon lorsqu’au bout du 50 ème rappel celui-ci daignait enfin le regarder une seconde pour finalement aller plus loin. Combien de chiens peut-on voir revenir la queue entre les pattes, oreilles basses et combien de chiens restent en laisse... parce que « il n’a pas de rappel ».

D’un point de vue strictement pratique, le rappel est donc à la fois ce qui permet au chien d’être libre et au propriétaire d’être rassuré et sécurisé. D’un point de vue relationnel, le rappel est avant tout le miroir de la qualité du lien entre un chien et son référent : la somme entre le temps passé ensemble, ce que l’on demande à son chien au quotidien, ce que l’on retient de ce qu’il fait, ce que nous lui proposons aussi, les espaces de liberté que nous lui aménageons, ce que nous comprenons de notre chien et que nous acceptons de lui. 

Comprendre ce que n’est pas le rappel,

Pour avoir un bon rappel, il faut d’abord comprendre ce que le rappel n’est pas. Car mal utilisé, ou utilisé à mauvais escient, on ne fait que pourrir un signal qui devrait être hautement valorisé. 

Le rappel ce n’est pas :

• un moyen de savoir où est son chien

• Un moyen de stopper son chien dans un mouvement ou de l’empêcher de s’éloigner de soi

• Un outil de valorisation sociale pour montrer aux autres que « le mien, il revient »

• Un outil de contrôle pour qu’il reste près de soi

En somme, toutes les fois où l’on utilise le signal de rappel pour autre chose que la nécessité d’avoir son chien près de soi le plus vite possible, nous apprenons à notre chien à se méfier de ce signal, à ne plus l’entendre, à ne plus faire attention à nous qui sommes celui ou celle par qui ce signal arrive et finalement à se désintéresser de nous. 

Les conditions nécessaires pour un bon rappel

Pour avoir un bon rappel avec son chien - une fois compris toutes les situations où l’on ne doit pas utiliser le rappel - il faut travailler en amont et donc déterminer plus précisément quand et pourquoi on doit rappeler son chien. 

Quand ? Si l’on rappelle notre chien, c’est qu’il est loin de nous (plus ou moins, dépendant de la situation, mais pas à côté, c’est à dire pas au contact), cela semble aller de soi, mais finalement si l’on se remémore un peu toutes les situations où l’on dit « Viens » on se rend vite compte que souvent (trop) on le dit, alors que précisément le chien est à côté et que l’on veut qu’il nous suive - c’est à dire autre chose que le comportement demandé.

Pourquoi ? On rappelle son chien pour faire quelque chose avec lui et en règle générale, ce quelque chose n’est pas intéressant à ses yeux : remettre la laisse, repartir du parc, quitter les copains... Le rappel est donc cette chose que l’on utilise pour interrompre la vie de notre chien - qui à ce moment là est toujours parfaitement palpitante. 

Le rappel c’est donc un signal qui permet d’indiquer au chien que l’on veut qu’il vienne à nous, le plus vite possible, par le chemin le plus court, jusqu’à ce que l’on puisse le toucher, quelle que soit la situation et les stimulations.

Avant de pouvoir mettre en place et espérer avoir un bon rappel, il est donc nécessaire de travailler trois points avec son chien :

- ne pas lui mentir : lorsque j’ai besoin de savoir où il est, je ne le rappelle pas, je crée un signal d’attention qui lui donne envie de se montrer régulièrement, de ne pas disparaître et de faire attention à moi

• Ne pas se transformer soi-même en signal synonyme d’empêchement : à l’extérieur, si l’on n’interagit avec son chien que pour lui dire « Non », l’empêcher de faire quelque chose ou d’aller quelque part... toute interaction proposée ou demandée sera automatiquement associée à du négatif et l’on devient soi-même négatif. Ce qui pousse le chien petit à petit à ne plus faire attention à nous.

• Renforcer les comportements d’attention : avant de faire travailler le rappel, on doit d’abord donner envie au chien de faire attention à nous sans exiger autre chose en échange. Mon chien me regarde, me suit, même s’il est à 2 à mètres devant ou derrière ou à droite ... bref, toutes ces fois où sans rien demander, le chien montre un intérêt, une attention... je renforce. Ce faisant, je lui montre que c’est un comportement qui rapporte, qui me fait plaisir et que je souhaite voir répéter. 

Ces trois points sont le terreau du travail de rappel. Si en extérieur, vous avez un chien qui ne se connecte pas à vous... ce sera votre premier travail. 

Le second sera de ne pas exiger un chien robot télépathe qui fait tout ce que vous voulez au moment où vous y pensez. 

Techniques d’apprentissage du rappel


Du plus facile au plus compliqué:

Pour tout apprentissage, il y a certaines règles qu’il faut suivre pour s’assurer un succès durable :

• on travaille toujours en partant du niveau de départ du chien et en allant du plus facile au plus compliqué

• C’est le chien qui donne le rythme de progression, jamais l’éducateur

• On travaille une difficulté après l'autre (Durée, Distance, Distractions et Diversité)

• On renforce chaque bon comportement 

• Apprendre sans stress et sans crainte est gage d’efficacité et de durabilité

• On ne propose jamais quelque chose de négatif après un bon comportement. : je t’appelle, tu viens et à l’arrivée je te mets en laisse par exemple 

En règle générale, le plus facile, c’est à la maison : parce qu’il n’y a pas de stimulations inattendues qui pourraient venir perturber l’apprentissage. On commence donc tranquillement par créer une association d’idée entre le signal du rappel (par exemple « Viens ») avec le comportement attendu (tu te déplaces le plus vite possible, jusqu’à moi, jusqu’à ce que je puisse te toucher). 

A l’arrivée, c’est toujours que du positif : un câlin, un « c’est bien », une friandise et on rend la liberté. 

Petite astuce bien pratique : lors de la remise en liberté, pensez à mettre un signal (« Va » par exemple) pour signifier au chien que le fait de repartir est conditionné et non volé.

La progression d’apprentissage doit respecter la logique « du plus facile au plus compliqué ». Une fois le rappel bien ancré à la maison, on peut commencer à le travailler dans des lieux clos ou semis clos inconnus ; puis des espaces ouverts que l’on choisira judicieusement (lieux et heures) afin qu’ils n’offrent que peu de stimulations au départ. 

Puis on augmentera progressivement les stimulations de sorte que le chien soit toujours en succès. 

La progression d’apprentissage n’est pas un test pour voir si le chien va savoir faire. L’apprentissage, c’est s’assurer de toujours faire faire la bonne association d’idée. Ôtez vous donc de la tête cette manie du test « juste pour voir si... ». A chaque répétition où vous faites faire à votre chien une mauvaise association d’idée, dites vous que vous venez de perdre un point et que vous venez de créer dans son cerveau la croyance que certaines fois, il peut faire autre chose que venir. Cela n’a aucun intérêt éducatif et reste tout à fait contre productif. Chaque répétition effectuée devrait donc être une nouvelle manière pour vous de consolider le comportement que vous souhaitez voir proposer par votre chien. 

Le temps de l’apprentissage est donc avant tout la durée pendant laquelle vous créez des situations où vous mettez votre chien en succès. Si vous n’êtes pas sûr de le faire gagner, ne dites rien...cela ne ferait que créer une mauvaise association d’idée. 

Pendant cet apprentissage, il ne sert à rien de vouloir utiliser le signal du rappel pour obtenir le comportement souhaité. Autrement dit, vous ne pouvez pas d’un côté faire travailler votre chien pour lui apprendre à venir sur signal et d’un autre côté, exiger de lui de savoir faire dans certaines situations (rarement paisibles d’ailleurs la plupart du temps). 

Tant que votre chien est en apprentissage, on ne prend pas de risque inutile : en dehors des exercices où vous maîtrisez l’environnement, soit votre chien est attaché, soit vous êtes certain de ne pas avoir besoin de le rappeler en urgence (c’est à dire très rarement). 

Enfin, ne pas oublier que le fait de revenir vers son référent devrait toujours être une action joyeuse et stimulante pour un chien. Si ce n’est pas le cas, pour lui ou vous, modifiez la progression. 

Apprendre le rappel à son chien est avant tout une histoire de confiance. Confiance en ses capacités à apprendre, en vos compétences et en votre relation.

Nelly DEMESTRE, comportementaliste à Cityzen Pets

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