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Mes chiens, mes sauvetages et moi

Publié le par Podencostory

Avant de vous raconter l’histoire de ma meute, il faut que je vous parle un peu de moi. Promis, ce ne sera pas long !

J’ai toujours, TOUJOURS aimé les animaux, mais comme ma mère et mon frère sont allergiques, en avoir à la maison était plus ou moins proscrit. Ce n’est qu’à 18 ans que j’ai donc eu mon premier vrai contact avec le milieu. Alors en DUT, j’ai eu la chance de faire mon stage de première année dans une structure de protection animale. L’année suivante : rebelote. Depuis je n’ai jamais quitté ce monde et avoir ma meute est devenu mon rêve.

Pendant ces semaines scolaires passées avec ces chiens venus de France et d’Espagne, puis les journées entières de bénévolat par la suite, j’étais certaine que le jour où j’adopterai, ce serait un chien en difficulté : un invisible. Qu’il soit noir, malade, vieux ou handicapé, peu importait.

A la fin de mon second stage, je n’ai pas pu me résoudre à laisser derrière moi ce petit ‘renard’, ce trauma qui avait attiré mon attention. Je n’avais pas la possibilité de le prendre avec moi de suite parce que j’allais entamer une année de licence en alternance Chartres (28)/Sisteron (04) et que pour un trauma, y’a mieux qu’un déménagement tous les mois. J’ai donc patienté (et lui aussi) pendant près de 400 jours avant de pouvoir venir chercher celui qui est et restera certainement LE chien de ma vie : Pipo.

Mes chiens, mes sauvetages et moi

Croisé Basenji, j’ai lu de lui qu’il était un chien/chat, qu’il n’aboyait que très peu, qu’il avait la dent facile (destruction powa...), qu’il était indépendant, etc... En fait, un peu comme le Podenco. Si sur certains aspects, tout ça était vrai (Pipo détruit, Pipo fait BEAUCOUP sa toilette), sur d’autres, c’était bien loin de la réalité.

Pipo aboie beaucoup, de peur principalement. Plus il aboie, plus il a peur et plus il a peur, plus il aboie... Je vous laisse imaginer la scène. J’ai mis longtemps à trouver la solution qui m’a été donnée par une amie éducatrice et comportementaliste. Comme Pipo est un chien qui réfléchit, lui dire « Non» ne suffisait pas parce que pour lui, c’était « Ok, aboyer c’est pas bien, mais je fais quoi du coup ? ». Il ne comprenait pas vraiment ce que je voulais de lui. Alors quand il se taisait à mon « non », je le félicitais pour lui faire comprendre que c’était CA que je voulais. Ça a été la révélation, pour lui comme pour moi. Depuis, je n’ai plus droit qu’à des grognements ou des « Boufh... » au lieu des crises d’aboiements, c’est bien plus gérable. Pour tout le monde.

Pipo n’est pas indépendant. Il est excessivement attaché de moi. Ou peut-être que c’est moi qui le suis ?

Mes chiens, mes sauvetages et moi

Comme toutes et tous, j’ai fait des erreurs dès le départ. Pour ma défense, on s’était attendu tellement longtemps que j’avais l’impression de vivre cette nouvelle vie comme un rêve. Je voulais profiter à fond de chaque instant. Mauvaise idée... Impossible de laisser mon chien seul sans qu’il ne hurle à la mort et bouffe tout (RIP la porte d’entrée de chez mes parents...), jusqu’à ce que j’applique ces règles que tout le monde connait dans le milieu : pas de fêtes en rentrant, pas d’au revoir en partant, ne pas le laisser décider des moments câlins, des moments jeux, etc... Et tout s’est réglé comme par magie ! J’ai la VRAIE chance d’avoir un chien intelligent, qui comprend très vite les choses parce que du coup, ces erreurs que j’ai commises, j’ai pu les régler en quelques jours, littéralement.

Après six mois de vie à deux, quand ma situation personnelle m’a permis de finaliser une seconde adoption, je suis allée chercher Mori, petite croisée griffon de 6kg.

Mes chiens, mes sauvetages et moi

Elle vient du même refuge que Pipo et elle aussi, je l’avais réservée avant même de pouvoir la récupérer. Mes raisons étaient différentes : alors que Pipo était un coup de cœur, Mori était un sauvetage. C’est avec elle que mes idées de sortir des malchanceux s’est concrétisée. Cette chienne est ‘sauvage’ au sens presque littéral du terme, noire à la face grisonnante, poil dur, âgée de 6 ans (à l’époque)... Vous imaginez bien que ses chances d’être adoptée étaient quasi inexistantes. Surtout que la demoiselle a son caractère : quand certains chiens préfèrent se soumettre, parfois à l’extrême, face à l’humain, elle mordait. Petite mais puissante, il m’en a fallu du temps pour l’amadouer, travail que j’ai commencé avec elle lors de mes heures de bénévolat. Pour être honnête, j’étais assez défaitiste face à la suite. Mon envie de l’adopter était toujours présente, mais je pensais avoir à me battre toute sa vie pour la sociabiliser ou, au moins, pouvoir la manipuler (harnais, véto, soins, etc). Puis je l’ai emmenée chez moi et là, ça a été hallucinant. Des progrès, elle m’en faisait de jours en jours. En trois jours, j’ai pu lui enlever la laisse que je lui accrochais au collier en permanence, pour ne pas avoir à lui courir après au moment des sorties (par exemple). Une semaine et elle me donnait la patte quand j’arrêtais de la caresser mais qu’elle en voulait encore. Un ou deux mois et j’ai pu approcher mon visage du sien. Deux ou trois mois et elle ne me faisait une léchouille sur le bout du nez. J’en ai pleuré ce jour-là. Elle était tellement loin cette petit Mori qui hurlait, mordait et déféquait quand on lui mettait la main dessus... Aujourd’hui, un an après son arrivée chez moi, elle dort sur mes genoux, elle me saute sur le dos quand je ne vais pas assez vite pour lui mettre son harnais, elle « fait le pied » pour demander des câlins.

Mes chiens, mes sauvetages et moi

Il y a encore des progrès à faire, bien sûr, mais encore l’autre jour, j’ai remarqué qu’à présent, je pouvais arriver derrière elle et lui toucher les fesses sans qu’elle ne se retourne brusquement et fuit.

Cependant, mes envies de sauvetage ne se sont pas arrêtées là. Avant même d’adopter Pipo, je savais qu’un ou deux chiens ne me suffiraient pas. Si je m’étais écoutée, j’en aurais eu douze, ou quinze, ou même vingt, mais j’ai su être raisonnable et j’ai limité ma meute à trois. Pourquoi trois ? Je ne sais pas vraiment... Parce que trois ! Et ce dernier membre, celui qui vint compléter notre quatuor, c’est Afra.

Mes chiens, mes sauvetages et moi

Elle est une vraie podenca. Ou presque... Dans tous les cas, plus que Pipo et Mori ! Second sauvetage de ma courte vie : une croisée podenca, relativement âgée (8/10 ans), de couleur banale et en refuge depuis suffisamment longtemps pour que son nom soit en tête de liste d’euthanasie. Les joies des refuges/fourrière...

Cette chienne est la chienne la plus facile du monde. Avec une amie, on s’est amusé à classer nos chiens suivant leur niveau de difficulté, comme dans un jeu vidéo. Si Pipo et Mori sont de bons niveaux ‘expert’, Afra est encore plus facile qu’un niveau ‘débutant’ : j’ai décidé qu’elle était le didacticiel. Propre à la seconde même où je l’ai eue, sage, obéissante, pas destructrice, joueuse, affectueuse, la liste de ses qualités est interminable ! Et pourtant, Dieu sait qu’elle a dut en voir des horreurs dans sa vie.

Mes chiens, mes sauvetages et moi

Ses mamelles n’étaient pas top (sans être affreuses non plus), ses pattes raides, son poil tombait facilement et sa bouche... Sa bouche... Dans un état apocalyptique... Du tartre à n’en plus finir, noir charbon, des dents déchaussées, une haleine de mort et des infections plein les gencives. Ces anciens humains n’avaient pas franchement du prendre soin d’elle, mais qui s’en étonne, quand on sait d’où elle vient ? En fait, s’il devait y avoir un bémol chez Afra, ce serait ça : sa bouche. Plus d’un an que je l’ai et malgré le détartrage, toujours ce problème de gingivite constante. Pas chronique, parce que ça voudrait dire que des fois, elle n’en a pas et que tout va bien. Je dis bien constante. A l’heure où je vous écris, ça fait quelque chose comme un mois qu’elle est sous antibiotiques buccaux (sous prescription vétérinaire !) et l’infection est encore loin d’être enrayée. Mais on ne perd pas espoir de nettoyer tout ça !

Il y a tant de choses que je voudrais encore vous raconter à propos de mes chiens. Leur passé à chacun, la façon dont ils se complètent les uns les autres, l’amour d’Afra pour l’herbe et les sauts de gazelle, la folie de Mori quand elle se met à jouer, la passion de Pipo pour les sauterelles, sa peur des hommes qui restent encore bien présente, les dizaines de mini progrès de Mori, l’obsession d’Afra pour les bisous (« Garde ta langue dans ta bouche Afra ! »), mais ce texte est déjà bien long, je pense que je vais vous laisser tranquille maintenant.

Si je devais conclure en quelques mots, ce serait ceux-là : ne vous arrêtez pas à un descriptif de race trouver sur Wiki ou ailleurs, ne vous arrêtez pas à l’aspect trauma d’un chien, ne vous arrêtez pas au qu’en dira-t-on de votre entourage. Laissez-vous porter par vos sentiments parce qu’avec eux, vous pouvez tout faire.

Mes chiens, mes sauvetages et moi

Regardez-moi : j’ai 22 ans, un caractère de merde (oui, oui, carrément) et pourtant, j’ai trois chiens dont deux traumas que j’ai éduqués, sociabilisés et à rendus heureux (tout du moins, je pense qu’ils le sont). Un jour, ma mère m’a dit « Si tu élèves tes enfants comme tu le fais avec tes chiens, je pense qu’on n’a pas de soucis à se faire. » Alors foncez : si je peux le faire, pourquoi pas vous ?

"Maïlis, adoptante de Pipo, Mori et Afra"

Pour suivre les aventures de cette joli famille

Commenter cet article

Annie 03/02/2017 13:26

Bravo, bravo à vous pour ces sauvetages, vous êtes une belle personne, je suis admirative de vos actions, je viens de me promener sur votre blog. D'ailleurs je me suis permise de citer votre nom sur un billet de mon blog. Ce blog est sécurisé, si vous le souhaitez je vous donnerai les identifiants pour y avoir accès.
Le martyr des galgos et des podencos, je connais...
Encore bravo à vous
Chaleureusement
Annie

ishub 15/07/2016 15:29

Bravo ! bonne bouffée d'oxygène à vous lire ; continuez.. j'ai 3 loulous corniauds (croisés ?) dont un qui a des signes "basenji", vu tous les mélanges (border collie, bas rouge .. limitrophe Espagne... ) ???? Bien à Vous

Fanny 09/07/2016 00:22

Bravo !

gruys 21/05/2016 20:41

merci pour cette très belle histoire. avons nous aussi une Podenco rescapée d'Espagne qui aboie beaucoup, allons essayé votre methode!!

Maïlis 22/05/2016 11:58

Si j'ai pu vous aider, j'en suis on ne peut plus ravie !! N'hésitez pas à passer sur la page de Pipo, si vous avez d'autres questions sur le sujet ;)

Céline 21/05/2016 14:05

Respect !!!
Magnifique témoignage :) j'aurais pu continuer à lire encore et encore ... sans me lasser. Je suis heureuse car il y a de belles personnes !!! Ne perdez pas cette fraîcheur surtout !

podencostory 21/05/2016 15:32

non au contraire, on aime vous lire!! :)

Maïlis 21/05/2016 15:25

Bonjour !
Si je peux me permettre (sinon, vous pouvez supprimer mon commentaire :) ), je tiens une page facebook en l'honneur de mes chiens. Si ça vous intéresse de me lire encore un peu, peut-être qu'elle vous plaira ;) Ca s'appelle "Pipo, petit rescapé d'Espagne".
Bonne après-midi <3

Cécile Calypso 21/05/2016 13:50

Superbement sympathique ce témoignage. Trop mimi ce trio canin !