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La Coprophagie

Publié le par Podencostory

Un article qui peut intéresser certains adoptants ou certaines famille d'accueil.

En effet, beaucoup de lévriers venant d'Espagne ont tellement manqué d'apports alimentaires et de stimulation, qu'ils en arrivent à manger leur excrément. Certains podencos survivent en mangeant tout ce qu'il trouve.

J'ai connu trois chiens en tant que famille d'accueil qui était coprophage. Avec le temps ce comportement a disparu.

Christine de Turkheim, l'auteur de cet article, est expert qualifié des quatre races de bouviers suisses, elle est également spécialiste des problèmes de comportement et pratique l'agility, l'obéissance, et le pistage humanitaire avec ses bouviers bernois.

Elle est aussi l'heureuse adoptante du petit et extraordinaire podenco tico alias filibert!

La Coprophagie

Article sur la coprophagie

Ce terme se définit par l’ingestion (phagie) de matière fécale (copro) ; on l’appelle également la scatophagie ; c’est en regardant une de mes chiennes avec ses bébés que m’est venue l’idée de cet article ; dans ce cas là, le léchage des selles, ainsi que de la zone périanale pour stimuler le réflexe de défécation est tout à fait normale ; cette coprophagie dite naturelle permet de garder le milieu environnant des chiots, propre.

On pense qu’un processus d’adaptation des flores et des anticorps de la mère vers les chiots peut s’instaurer par cette voie. Lorsqu’il y a diarrhée chez un chiot, la mère en ingérant les crottes du bébé incriminé va développer des anticorps qui vont se retrouver ensuite dans le lait et permettre, ainsi de soigner sans difficulté cette diarrhée
Le poulain mange les crottins de sa mère régulièrement pour ensemencer sa flore digestive. C’est pourquoi il est si dangereux pour les très jeunes animaux d’avoir une maman en diarrhée.

On peut affirmer que, l’ingestion des crottes d’un premier type (crottes molles) est indispensable dans le cas de certains rongeurs en particulier :c’est une manière, pour eux, de digérer certains nutriments par le gros intestin, situé en bout du tube digestif, lors d’un premier passage pour être ensuite lors du second passage complètement assimilés par l’estomac et le petit intestin, situés au début du tube digestif.

On doit néanmoins différencier le chien qui mange ses propres crottes, celles de ses congénères et celles d’autres espèces.


Facteurs favorisant la coprophagie :

- Parasitisme intestinal : si votre chien n’est pas vermifugé régulièrement, une mauvaise digestion peut entraîner une mauvaise absorption de certains nutriments ; c’est ce que l’on nomme : phénomène de malabsorption/maldigestion pouvant entraîner des diarrhées intempestives. Ainsi, le sang qui se trouve dans les selles et qui résulte de l’atteinte des muqueuses, va attiser l’appétence des selles pour les autres chiens.
- Trouble du comportement :
• par imitation : de la maman ou d’un autre chien, lorsque les locaux ne sont pas suffisamment nettoyés, ou que le chiot a été séparé trop tôt de sa maman.
• trouble hiérarchique :
- en humant et en mangeant des selles, le chien va lire et décoder un certain message olfactif le renseignant sur le statut hiérarchique, sur le sexe, sur l’humeur etc… du chien ayant fait sa crotte .L’exploration orale du chiot est importante jusqu’à ce que la somme des informations soit signifiante, c'est-à-dire que le chiot va automatiquement tout explorer par sa gueule, y compris les crottes.De plus, les chiens dominés vont se rouler plus volontiers dans les selles des chiens dominants ; ils s’imprègnent ainsi de ces phéromones renseignant le dominant. Puis, ils risquent d’ingérer ces excréments.
- lorsque le propriétaire revient chez lui et constate le méfait en question, il peut avoir la mauvaise idée de gronder son chiot et cela va provoquer, à force, une certaine anxiété ; le chiot en question, après avoir réitéré son geste va s’empresser de faire disparaître l’objet du délit et engendrer ainsi une coprophagie immédiate.
• Par déficit enzymatique : certaines races sensibles à ce genre d’affection vont développer également de la coprophagie, car beaucoup d’éléments non digérés vont se retrouver dans les selles et inciter le chien à gober, à nouveau ces nutriments. Cela concerne principalement les bergers allemands, les beaucerons et certaines races nordiques
• Par défaut d’apport : j’ai vu un jour un berger allemand manger ses crottes ; les propriétaires m’ont alors demandé pourquoi et je leur ai simplement répondu, que dans leur cas, leur chiot était plus que rachitique, voire squelettique et qu’il « mourait de faim » !!!!! après accoutumance d’une quantité adéquate quotidienne d’aliment, le chiot a tout simplement arrêté cette mauvaise habitude
• Par déficit en vitamine B1, d’Oligo-éléments et de vitamines, par mauvaise digestion de certains additifs se trouvant dans l’alimentation industrielle
• Par ennui, par stress, par manque de stimulation
- Gastrite chronique : ce que l’on nomme communément « le pica » ; le chien mange de l’herbe, de la terre, lèche des cailloux, les sols, les murs ; ces individus adeptes du pica souffrent généralement de gastrite chronique ; on remarque également que ces mêmes individus sont plus sensibles aux dilatations-torsions de l’estomac. On appelle cette attitude « avoir la perversion du goût ».
- Mauvaise digestibilité d’un aliment : il existe des alimentations très bas de gamme, par rapport à la nature biologique de leurs protéines et nutriments ( Supermarché), ce qui conduit généralement, soit à un déséquilibre de la flore bactérienne du colon, soit à la production de déchets putrides par mauvaise digestion protéique ; les aliments responsables contiennent, dans ce cas, du collagène mal cuit, des tendons, des plumes, du cuir, des cornes…, et tant d’autres OANI (objet alimentaire non identifié) !!! ; c’est bien ce que l’on nomme, en toute impunité, de la MERDE. Ces selles peuvent, là aussi, être considérées par le chien comme quelque chose d’appétant : le chien peut sentir comme odeur dominante des effluves protéiniques qui chez nous sont masquées par les odeurs putrides : le chien ne sent pas la même chose que nous…
- Excréments d’animaux d’espèces différentes : beaucoup de chiens apprécient les crottes de chats, les bouses de vaches, les crottins de cheval, les crottes de moutons etc…., réminiscence du carnivore qui a absolument besoin d’apport végétal : il commence par manger les entrailles de leur proie . Notre chien se rêve loup…

Risques liés au comportement de coprophagie :Le chien a une capacité étonnante pour neutraliser la majorité des bactéries potentiellement pathogènes, grâce à son acide gastrique. Il existe néanmoins une possible contamination virale, d’intoxication par des bactéries, des champignons…etc, mais le risque majeur est la transmission de certains parasites.

Traitement de la coprophagie :

Le choix du traitement va, bien évidemment, dépendre de la cause primaire, lorsque celle-ci a pu être identifiée par le vétérinaire ; il va s’ensuivre une véritable enquête pour essayer de déterminer cette cause, pas toujours évidente ;

- En cas de surconsommation (chien qui mange vraiment rapidement), il y a possibilité soit de donner la dose quotidienne de croquettes, en plusieurs fois, soit de mettre les croquettes sur le sol ou bien encore de placer un gros caillou dans sa gamelle le forçant ainsi à rechercher plus difficilement sa nourriture.
- En cas de stress ou/et d’anxiété, il suffira de modifier le milieu, de rajouter des stimulations, de se promener, de favoriser les distractions, en faisant attention aux punitions inadéquates, en ramassant les crottes en son absence (car, pour le chien, le fait de nettoyer devant lui a deux inconvénients : le premier, d’attirer son attention, le second de faire perdurer un comportement infantile, celui du chiot à qui on ramasse ses excréments (le chien n’aime pas souiller son aire de couchage, on peut le confiner…) , en ayant recours au collier DAP (phéromones d’apaisement), en déviant l’attention du chien si on sent qu’il est tenté, par des jeux, de l’obéissance, ou une promenade tout simplement.
- En cas de parasitisme, traiter avec des vermifuges adéquates (ascaris, ankylostome, trichure, guardia sont les principaux vers digestifs résultant de la coprophagie)
- Traitements des excréments : si le retrait n’est pas toujours possible quotidiennement, il y a la possibilité de saupoudrer les selles par du poivre, du tabasco, des répulsifs quelconques (cela ne marche pas toujours !!), ou d’apporter dans la ration de la levure de bière qui va modifier l’odeur des selles en quelque chose de désagréable. Un produit est nouvellement arrivé sur la marché : le copronat
- Traitement de la maldigestibilité : utilisez une nourriture de meilleure gamme, hyperdigestible
- Traitement des insuffisants pancréatiques ou des comportements cérébraux ou séniles (vétérinaire)Pour bien comprendre cette question, on pourrait dire en souriant que si le mal de tête était une carence en aspirine, la coprophagie serait une carence en m…….

Christine de TURCKHEIM

De nombreux articles abordant les questions d'éducation sont en ligne sur son site, n'hésitez pas à allez les consulter. Il y a les questions de propreté, mais aussi les questions autour de la socialisation du chien.

http://bouvierbernois.net/index.php

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